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LONGING  

Réalisation Savi Gabizon

Casting Shai Avivi, Shmil Ben Ari, Salim Daw

2018, Drame - 1h43 • VOst FR

 

SYNOPSIS

Ariel, chef d’une entreprise prospère, apprend soudainement par Ronit, son amour de jeunesse, qu’elle était enceinte lors de leur séparation il y a vingt ans. Comme Ariel ne voulait pas d'enfant, Ronit ne lui a jamais dit qu'elle avait eu un fils de leur union. Malheureusement, le jeune homme vient de décéder dans un accident de voiture. Ariel, qui n’a jamais voulu être père, se retrouve alors le père d'un fils qu'il ne connaîtra jamais. Un rôle inattendu qu’il va prendre très au sérieux...

CRITIQUE

Savi Gabizon est un habitué du box-office dans son pays et son dernier film Longing, qu’on peut traduire par «désir», semble bien parti pour suivre la même voie du succès, ayant déjà conquis les faveurs des publics des festivals de Venise (dans la section Giornati degli autori) et de Jérusalem.

 

De fait, le film est une véritable perle de mise en scène où l’auteur se joue de tous les codes de la comédie et du drame tout à la fois, où rien ne va se passer comme on s’y attendrait. Chaque épisode réserve au spectateur son lot de développements inattendus quoique très logiques si on se laisse prendre par ce regard décalé qui use de l’absurde avec finesse.

 

Ariel, donc, apprend qu’il est le père d’un garçon qui a maintenant vingt ans. Son premier réflexe est de prendre rendez-vous avec son avocat. Cependant, dans la foulée, son ex Ronit lui annonce que son fils vient de mourir dans un accident de voiture… À partir de là, Savi Gabizon va nous mener de situations improbables en circonstances surréalistes, voire fantasmagoriques.

 

Étonnamment, cela fonctionne grâce à une mise en scène épurée – on ne voit quasiment que les protagonistes dans des rues désertes et des appartements impersonnels – où chaque geste, chaque dialogue, est filmé avec une concision remarquable. Où, pourtant, on assiste à quelques retournements – parfois carrément plusieurs dans un même plan – qui ne laissent pas souffler le spectateur.

 

Cette mécanique si fluide serait vaine si elle n’évoquait, sans avoir l’air d’y toucher, des sujets bien réels et concrets, et à portée universelle, tels que les relations parents-enfants, ou notre attitude face à la mort – la nôtre ou celle de proches. Longing, c’est du Woody Allen accommodé à la sauce Altman.
Martial Knaebel